Spécial Kwango : les Grands défis du nouveau Gouverneur Willy Bitwisila !
La province du Kwango a un nouveau visage. L’avènement des nouvelles autorités issues des élections générales de décembre 2023 augure une nouvelle ère dans cette province, l’une de 3 entités issues du découpage du grand Bandundu.
Élu le 29 avril 2024, le Gouverneur Willy BITWISILA s’installe peu à peu dans sa province. Il a, pour ce faire, publié le 24 juillet 2024 dernier, son gouvernement provincial composé de 10 ministres provinciaux. Tradition respectée, le quatrième Gouverneur de la province de Kwango compte, selon ses proches imprimer une nouvelle marque de gestion dans cette province. Cependant, l’ingénieur Willy BITWISILA fait face à plusieurs défis qui, mal abordés risquent de compliquer sa gouvernance.
Votre média s’est résolu à mener une série de reportages de terrain dans cette province qui seront publiés sur ses pages.
Le déséquilibre socio-communautaire
Le Kwango, avec sa mosaïque ethnique se voit toujours dominer par une seule communauté à l’occurrence, le Yaka de Kasongo-Lunda et Popokabaka.
Noter, depuis l’avènement de la province en 2015, le Kwango est toujours dirigé par une seule communauté. Ses dirigeants n’y sont puisés que dans celle-ci.
Des anciens gouverneurs Larousse KABULA, passant par Kanis MAKOFI à l’actuel Willy BITWISILA LUSINZI, exception faite bien attendue au Gouverneur Jean-marie PETI PETI.
Même chose, du côté de l’Assemblée provinciale. De Wisslens MULENGA, passant par l’actuel président, de surcroît originaire de Popo Kabaka comme le gouverneur.
Conséquences : Les querelles entre communautés sur la distribution des postes ministériels ont fait que le gouvernement provincial soit retardé.
Les Pelende du nord, peuple autochtone de Kenge, réclamaient 2 postes ministériels pour compenser leur absence dans les institutions. Malheureusement, ils se contateront d’un simple poste de Directeur de Cabinet adjoint du Gouverneur. Un poste insignifiant au vu du poids démocratique de cette communauté.
Le déséquilibre est tellement criant que le Vice-gouverneur monsieur SAKI du reste, fait partie de la même communauté que le gouverneur, ce qui crée une frustration latente.
Clivage politique entre principaux leaders
Au Kwango, deux forces politiques en province, se sont partagées les institutions politiques.
Le parti ABG de BIALUSUKA, fort de ses 5 députés provinciaux dirige l’Assemblée et le CRD du patriarche MBOSO trône au Gouvernorat.
Le conflit de leadership entre Jonathan BIALUSUKA et Christophe MBOSO, deux principaux acteurs de la politique Kwangolaise n’est pas susceptible de favoriser un climat de paix pour permettre au gouverneur de bien travailler dans la tranquillité.
Le risque de voir les deux dirigeants de ces institutions provinciales transplanter les divergences qui opposent leurs Leaders jusqu’à la gestion de la province. On est pas loin de voir l’un mettre les peaux de banane sur le chemin de l’autre, sauf sursaut patriotique et/ou souci du développement de la province aidant.
L’UDPS, parti au pouvoir se voit attribué un seul poste ministériel dans la formation du gouvernement. Source de mécontentement du parti présidentiel qui devient de plus en plus méfiant vis-à-vis du Chef de l’exécutif provincial.
Willy BITWISILA, un technocrate au faible côté politique

Le personnage du gouverneur actuel de Kwango est en lui-même un atout mais aussi une faiblesse pour les kwangolais.
Homme de terrain, Willy BITWISILA est perçu dans l’opinion comme quelqu’un qui maitrise les réalités de la province. Venu du monde humanitaire, avec son expérience au système des nations unies, on lui tolère, la présomption de connaissance des secteurs clés de la province. Néanmoins, il n’a pas d’encrage politique bien que Sénateur élu de la manière que nous connaissons.
En tant qu’ingénieur, on lui colle quelques réalisations dans quelques territoires. Critère qui a d’ailleurs, pesé dans la balance pour se faire élire.
D’après la société civile locale, la province du Kwango, avec ses susceptibilités politiques a besoin d’un Gouverneur mi-technocrate, mi-politique. Deux qualités essentielles pour lui permettre de faire face aux défis de la province. Qualités qui manquent chez l’actuel Gouverneur.
Willy BITWISILA, Gouverneur plus féministe !
Le côté féminin du gouverneur de Kwango est trop apprécié. L’homme a démontré qu’il prône la masculinité positive, par sa volonté de gouverner avec les femmes.
Déjà, son gouvernement regorge 30% de femmes. Il ne s’est pas limité là. Dans son Cabinet, il a propulsé deux autres femmes, l’une Directeur de Cabinet, l’autre Adjointe. Ce qui lui attire le soutien de toutes les femmes qui se sentent concernées par l’actuelle gestion. Contrairement, à son prédécesseur qui n’avait réservé qu’un seul poste à la gente féminine…
( À suivre les défis économiques et sécuritaires dans notre prochaine publication)
De notre envoyé spécial SKK et Sylvain KIAKU permanant/Kenge
