Lac Tanganyika : À Dar-Es-Salaam, Jean-Pierre Tshimanga lance un appel pour remédier à la catastrophe naturelle provoqué par le réchauffement climatique
Le ministre de la Pêche et élevage, Jean-Pierre Tshimanga a pris part, le week-end dernier à la session extraordinaire de la Conférence des Ministres de l’Autorité du Lac Tanganyika « ALT », une organisation régionale qui regroupe les quatre pays qui partagent les eaux de ce lac le plus poissoneux. , notamment, la RDC, Tanzanie, Zambie et le Burundi à Dar-Es-Salaam, en Tanzanie.
Dans son speach, devant ses collègues Ministres du secteur de la pêche, le ministre congolais a porté la voix de son pays suite au phénomène de la montée spectaculaire des eaux du Tanganyika.
Pour remédier à cette catastrophe naturelle provoqué par le réchauffement climatique, le patron de pêche congolais propose entre autres le dragage du lit de la rivière Lukuga, l’unique exutoire du lac Tanganyika et la construction d’un barrage sur cette rivière afin de réguler les niveaux d’eau du lac Tanganyika.

« La RDC mon pays, prend acte de toutes les recommandations émises par les experts techniques telles que contenues dans leur rapport présenté aux représentants des Etats Membres de l’ALT et les partenaires », a-t-il dit.
Cependant, il a insisté pour des solutions à court terme ci-après :
- Mise en place des systèmes d’alerte précoce au niveau communautaire ainsi que développer et mettre en œuvre des systèmes d’alerte précoce au niveau local afin d’alerter rapidement les communautés en cas d’inondation potentielle ou d’autres risques.
- Réaliser d’urgence une étude de faisabilité sur la construction d’un barrage de régulation sur la rivière Lukuga;
- Dragage de la rivière Lukuga pour le contrôle des inondations et la sécurité de l’eau deux fois par an;
- Evaluation des données hydrométéorologiques, hydrologiques, hydrogéologiques et autres données environnementales au niveau national et régional;
- Mettre en place un plan d’urgence en cas de catastrophe», a-t-il recommandé;
Pour lui, l’élaboration d’un rapport complet sur l’état du bassin du lac Tanganyika, le lancement d’un programme de restauration des zones dégradées par le reboisement, la conservation des sols et le contrôle de l’érosion dans les bassins versants et la cartographie des zones sensibles aux inondations et à la sécheresse, sont entre autres mesures à moyen terme qu’il faille observer pour éviter tout débordement des eaux du lac Tanganyika.
Jean-Pierre Tshimanga Buana qui prendra la présidence tournante de la Conférence des Ministres de l’ALT en décembre prochain, a fait également plusieurs recommandations. Après examen et adoption, les recommandations du Ministre Jean-Pierre Tshimanga ont été appuyées et complétées par Sylvain Tusanga Mukanga, Directeur exécutif de l’Autorité du Lac Tanganyika.
Pour Sylvain Tusanga Mukanga, il existe des mesures idoines à prendre, l’harmonisation du cadre juridique et réglementaire de la zone tampon pour les quatre pays riverains, en tenant compte des niveaux d’alerte ( niveau des crues de 100 ans récentes) et l’harmonisation des procédures et les normes de surveillance de la qualité de l’eau après la réalisation des études socio-économiques et autres études scientifiques, sont des faits importants.
Signalons que, les partenaires presents à la clôture des assises , ont promis de se déployer pour la promotion des pratiques durables d’utilisation des terres, notamment la reforestation dans les bassins versants du lac afin de réduire l’érosion et d’améliorer la rétention de l’eau, et promouvoir des moyens de subsistance durables notamment, l’agriculture adaptée au climat, la pisciculture, écotourisme, etc.
Ils ont par ailleurs recommandé que tous les nouveaux projets comportent une composante relative à la restauration des zones dégradées et des infrastructures, tout en insistant sur la restauration des écosystèmes dégradés dont les ivières Malagarasi et Rufubu, les lacs ainsi que les zones humides.
Jackie Ngolela
