Tracasseries policières à Kinshasa : le général Israël Kantu exige discipline et fin des abus

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Quarante jours après son entrée en fonction à la tête de la Police nationale congolaise (PNC) pour la ville de Kinshasa, le Commissaire divisionnaire Israël Kantu Bakulu a convoqué une réunion stratégique ce lundi avec les officiers supérieurs de la capitale. Objectif : dresser un premier bilan de son action et recadrer les dérives enregistrées sur le terrain.

C’est dans la salle des réunions du Commissariat provincial de la PNC/Kinshasa que le patron de la police a livré un message sans détour. Face aux accusations croissantes de tracasseries policières, de bavures et de corruption, le général Kantu a exigé de ses hommes davantage de discipline, de professionnalisme et de respect envers la population.

« La police ne doit pas être un instrument d’humiliation du peuple, mais un outil de protection et d’éducation », a-t-il martelé.

Au cœur de la polémique figure l’usage abusif des véhicules anti-émeutes, surnommés « Kabasele » par les Kinois. Selon plusieurs rapports parvenus à l’état-major, certains éléments de la PNC utiliseraient ces engins pour rançonner des civils, extorquant jusqu’à 800 000 francs congolais par jour, sous prétexte d’opérations de maintien de l’ordre.

Le nom du général Kantu aurait même été faussement associé à ces pratiques mafieuses. Ce dernier a fermement démenti toute implication et promis des sanctions exemplaires contre les agents impliqués.

« Ces actes ne resteront pas impunis. Ceux qui salissent l’uniforme de la République seront écartés sans ménagement », a-t-il averti.

Dans une volonté affichée de restaurer l’autorité de l’État et la confiance de la population, le général Kantu a annoncé une nouvelle directive : chaque officier devra désormais arrêter cinq vrais Kuluna par semaine dans sa juridiction. Cette mesure vise à recentrer les efforts de la police sur la lutte contre la criminalité urbaine, plutôt que sur les petits rançonnements qui minent la réputation de la PNC.

« Je ne veux plus entendre parler de versements de 5 000, 10 000 ou 50 000 FC aux soi-disant chefs. Apportez-moi plutôt cinq vrais Kuluna chaque semaine, et la ville respirera enfin », a-t-il déclaré avec fermeté.

En optant pour une approche plus rigoureuse et orientée vers les résultats, le général Israël Kantu tente de rompre avec les anciennes pratiques qui ont gangrené la PNC. Son ambition : repositionner la police comme un acteur crédible de la paix sociale et de la sécurité urbaine.

Sarah Ngeleza