Lubero : plus de 60.000 ménages à Mangurujipa vivent dans la détresse suite aux attaques des groupes armés
La situation humanitaire demeure alarmante dans la localité de Mangurujipa, où plus de 60.000 ménages déplacés vivent depuis 2024 dans des conditions précaires, à la suite des attaques menées par les rebelles ADF/MTM, un groupe terroriste affilié à la mouvance islamiste.
Selon les sources locales de la société civile de Mangurujipa, ces attaques ont provoqué un déplacement massif de populations, contraignant des milliers de familles à fuir leurs villages et à abandonner leurs champs, principale source de subsistance dans cette zone montagneuse du territoire de Lubero.
« Ces populations n’ont plus accès à leurs terres, elles vivent dans des abris de fortune sans assistance humanitaire suffisante. Parmi, elles se trouvent des enfants, des femmes enceintes et des personnes vivant avec handicap », déplore Aime Mukanda Mbusa, notable du Nord-Kivu et défenseur des droits humains.
La région, pourtant sous le contrôle de la coalition FARDC-UPDF (Forces armées de la République démocratique du Congo et armée ougandaise), continue de subir l’activisme des ADF/MTM. Ces derniers mois, plusieurs incursions ont été signalées, dont le massacre de plus de 160 civils dans le village de Ntoyo le mois dernier.
Face à cette tragédie humanitaire, la société civile et les leaders locaux lancent un appel pressant au gouvernement congolais, aux organisations humanitaires, ainsi qu’aux élus du peuple, afin d’intervenir urgemment pour venir en aide à ces populations longtemps oubliées.
« Nous lançons un SOS aux autorités et aux partenaires humanitaires pour une assistance rapide. Nous demandons également aux élus nationaux et provinciaux de porter cette sonnette d’alarme à tous les niveaux », plaide M. Mukanda.
Il exhorte par ailleurs les FARDC et leurs partenaires ougandais à intensifier les opérations dans la zone afin de restaurer durablement la paix et la sécurité dans cette partie du territoire de Lubero.
Alors que les violences persistent, les habitants de Mangurujipa continuent d’espérer un retour à la stabilité pour retrouver leurs foyers, leurs champs et leur dignité.
David Mugisa
