RDC : une ONGDH appelle à la suppression du Conseil national de la cyberdéfense
L’organisation congolaise de défense des droits humains JUSTICIA Asbl a lancé un appel pressant aux partenaires internationaux de la République démocratique du Congo (RDC) pour exiger la suppression du Conseil national de la cyberdéfense (CNC), qu’elle accuse de graves violations des droits humains.
Dans un communiqué de presse datant du 6 janvier 2026, JUSTICIA Asbl affirme que le CNC, créé en 2023 pour coordonner les services de cyberdéfense et de renseignement face aux cyberattaques, se serait progressivement transformé en un instrument de répression politique. L’organisation dénonce des arrestations arbitraires, des enlèvements, des détentions secrètes ainsi que des actes de torture visant des opposants politiques, des journalistes, des défenseurs des droits humains et des citoyens ordinaires.
Selon JUSTICIA Asbl, plus de 10 000 personnes auraient été privées de liberté dans des conditions jugées inhumaines, sans accès à leurs avocats ni à leurs familles. Certaines détentions se dérouleraient dans des camps militaires, des résidences privées ou même des chambres d’hôtel.
L’organisation cite notamment le cas du journaliste et caméraman Stéphane Shisso, arrêté à Lubumbashi, transféré à Kinshasa et détenu dans des installations militaires, où il aurait subi des tortures. Il lui serait reproché la réalisation d’un documentaire sur les infrastructures de la province du Lualaba.
Face à ces accusations, JUSTICIA Asbl exhorte l’Union africaine, l’Union européenne, les Nations unies et les États-Unis à engager un plaidoyer auprès des autorités congolaises afin d’obtenir la dissolution du CNC et la libération immédiate de toutes les personnes détenues illégalement.
David Mugisa
