RDC : Delly Sesanga dénonce une « haute trahison » et s’oppose à toute révision constitutionnelle
Lors d’un point de presse tenu ce samedi 21 mars à Kinshasa, l’opposant Delly Sesanga a vivement critiqué la gouvernance actuelle et mis en garde contre tout projet de révision constitutionnelle en République démocratique du Congo.
Dans une intervention, il a interrogé la gestion des ressources allouées à la défense et à la sécurité : « Où sont passés tous ces moyens engagés dans la défense, la sécurité et la guerre ? À qui profitent ces finances de la guerre ? » S’interrogeant sur l’absence des politiques concrètes sur le terrain, il a dénoncé une incapacité à « renforcer nos capacités opérationnelles » et à « recouvrer l’intégrité de notre territoire national ».
L’acteur politique a également dressé un bilan sévère des années de pouvoir du président Félix Tshisekedi. Selon lui, « huit ans d’alternance » n’ont apporté « aucun changement réel », évoquant une période marquée par « la souffrance nationale », « l’absence de dividendes sociaux » et « l’abandon d’un peuple livré à lui-même ».
Au-delà des critiques de gestion, Delly Sesanga a soulevé des soupçons plus graves, évoquant l’hypothèse d’un « business de la guerre ». « Le peuple a le droit de savoir », a-t-il insisté, appelant les citoyens à la vigilance.
Mais c’est surtout sur la question institutionnelle que son discours s’est montré le plus ferme. L’opposant considère toute tentative de révision de la Constitution comme une « haute trahison », s’appuyant sur l’article 64. Il a ainsi lancé un appel à la mobilisation générale, invitant l’opposition, la société civile ainsi que certains membres de l’Union sacrée à « défendre la Constitution », dans la perspective des élections prévues en 2028.
Cette prise de position survient alors que l’union sacrée de la nation milite coup sur coup pour le changement de la constitution, un sujet qui suscite de vives réactions au sein de la classe politique congolaise.
David Mugisa
