Procès des généraux : la défense dénonce des « enlèvements » et exige la restitution des objets saisis par le CNC
Les avocats de la défense ont vivement contesté, ce jeudi 13 août, devant la Haute cour militaire, les conditions d’arrestation de plusieurs généraux poursuivis dans une même affaire, mettant également en cause les agissements du Conseil national de cyberdéfense (CNC).
Me Peter Ngomo, l’un des avocats du général de brigade Sangwa John Kabila, a demandé à la Haute cour militaire d’ordonner la restitution des objets saisis à son client par le CNC, notamment ses téléphones.
« Monsieur le Premier président, vous allez ordonner que tout ce que le CNC a saisi soit remis, parce que les actes qu’ils ont commis sont illégaux », a plaidé l’avocat. Il a appelé la juridiction à intervenir immédiatement, estimant qu’elle en a le pouvoir.
De son côté, Me Christelle Munesha a dénoncé les conditions dans lesquelles certains généraux auraient été interpellés. « Ce n’est pas une arrestation, c’est un enlèvement », a-t-elle déclaré, évoquant des officiers « ramassés à 02h, cagoulés et amenés vers une destination inconnue ».
L’avocate a également accusé des personnes proches du pouvoir d’avoir agi sans mandat ni qualité. Elle a qualifié la situation d’« abomination judiciaire », dénonçant notamment la mise à disposition des officiers à un officier de police judiciaire qu’elle considère comme « autoproclamé ».
Ce procès met en cause plusieurs généraux, dont le général d’armée Christian Tshiwewe, le général de brigade John Kabila et le général John Numbi. Les prévenus sont poursuivis notamment pour complot, trahison, apologie du terrorisme, propagation de faux bruits, violation des consignes, désertion à l’étranger, ainsi qu’incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline.
La défense demande ainsi à la Haute cour militaire de se prononcer sur la régularité des actes posés par le CNC et de tirer, le cas échéant, les conséquences judiciaires qui s’imposent.
David Mugisa
