RDC : 28 ans après le massacre de Kasika, la CAYP demande l’ouverture d’une enquête judiciaire
Vingt-huit ans après le massacre de Kasika, dans le territoire de Mwenga au Sud-Kivu, la Congolese Action Youth Platform (CAYP) annonce avoir saisi la justice congolaise pour réclamer l’ouverture d’une enquête sur les crimes commis le 24 août 1998 à Kasika et dans les villages environnants.
Dans une pétition adressée au Procureur général près la Cour de cassation, l’organisation demande que les responsabilités pénales soient établies, y compris au niveau des chaînes de commandement. Les signataires se disent également prêts à se constituer parties civiles afin de contribuer à l’enquête.
Selon la CAYP, le massacre avait fait plusieurs centaines de victimes, dont des femmes, des enfants ainsi que le Mwami François Mubeza et son épouse enceinte. L’organisation rappelle que ces faits avaient notamment été documentés par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, qui avait recensé plus de 856 victimes.
La CAYP souligne également que le massacre de Kasika figure dans le rapport Mapping des Nations unies publié en 2010. Pour elle, la reconnaissance de ces crimes doit désormais être suivie d’actes judiciaires concrets, au nom de la vérité, de la justice, des réparations et de la non-répétition.
L’organisation appelle ainsi les autorités judiciaires congolaises à traiter cette pétition avec diligence, estimant que « la mémoire ne saurait se substituer à la justice ».
David Mugisa
