KINSHASA : QUAND GOUVERNER, C’EST OUBLIER DE PRÉVOIR !
Depuis deux jours, les habitants des environs de la Route de Tourisme, communément appelée « Nzela Mayi », vivent un véritable calvaire.
La REGIDESO a fermé une route menant notamment vers la DGC et le Centre Supérieur Militaire, pour des travaux dont la durée reste, semble-t-il, inconnue. Conséquence : tous les axes environnants se retrouvent saturés, particulièrement la Route de Tourisme.
C’est désormais l’anarchie totale.
Et les conséquences ne concernent pas uniquement les parents qui doivent se rendre au travail. Nos enfants sont eux aussi pris en otage par les embouteillages. Certains passent des heures dans les bouchons et risquent d’arriver en retard à l’école. D’autres, faute de moyens ou simplement pour éviter de perdre plusieurs heures dans les embouteillages, sont contraints de prendre des motos ou de parcourir de longues distances à pied.
Mais le plus préoccupant reste l’absence apparente d’anticipation et d’organisation.
Comment peut-on entreprendre des travaux entraînant la fermeture d’un axe aussi important sans informer suffisamment la population, sans communiquer clairement sur la durée des travaux et surtout sans mettre en place un dispositif efficace de régulation de la circulation ?
Où sont les éléments de la police chargés d’orienter les usagers et de fluidifier le trafic ?
Où est le plan de déviation ?
Où est la communication de la ville ?
Gouverner, c’est prévoir.
Lorsqu’un axe est fermé, il faut anticiper les conséquences sur les voies environnantes, organiser des itinéraires alternatifs, déployer les agents de circulation et surtout informer la population à temps.
Aujourd’hui, un simple passant pourrait légitimement se poser cette question :
Kinshasa a-t-elle réellement un gouvernement provincial capable d’anticiper et de gérer efficacement les problèmes quotidiens de ses habitants ?
Face à cette situation, certains Kinois vont même jusqu’à réclamer une gestion exceptionnelle de la capitale, voire un gouverneur militaire et la mise de Kinshasa sous état d’urgence.
Cette revendication, aussi radicale soit-elle, traduit surtout le ras-le-bol d’une population qui ne comprend plus pourquoi des problèmes prévisibles continuent d’être gérés dans l’improvisation.
Kinshasa mérite mieux.
Nous ne demandons pas l’impossible. Nous demandons simplement de l’anticipation, de l’organisation, de la communication et une véritable autorité dans la gestion de la ville.
Parce que gouverner, ce n’est pas seulement occuper un bureau ou porter un titre. Gouverner, c’est prévoir, organiser et agir avant que le problème ne devienne une catastrophe.
🇨🇩 JEAN PIERRE MULUMBA
🎙️ Analyste politique
📍 RDC — Kinshasa
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