Ituri : Faut-il maintenir l’aéroport de Bunia fermé face à Ebola ?

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Tribune de David Mugisa Byaruhanga

La fermeture de l’aéroport de Bunia, décidée dans le contexte de l’épidémie d’Ebola en Ituri, mérite aujourd’hui une réflexion sérieuse. Si la maladie n’est pas encore totalement maîtrisée dans la province, la situation a évolué par rapport aux mois précédents. Dès lors, une question s’impose : maintenir l’aéroport fermé est-il toujours la mesure la plus efficace pour limiter la propagation du virus ?

À mon sens, la réponse mérite d’être nuancée. Fermer l’aéroport ne signifie pas empêcher les habitants de l’Ituri de voyager. Les déplacements restent possibles par la route et par d’autres moyens de transport. Une personne qui souhaite quitter Bunia peut toujours rejoindre d’autres villes et provinces par voie terrestre. La fermeture de l’aéroport risque donc de déplacer le problème plutôt que de le résoudre.

Cette situation pénalise surtout les populations qui dépendent du transport aérien pour leurs déplacements professionnels, familiaux ou commerciaux. Elle affecte également les activités économiques de Bunia et de l’ensemble de l’Ituri. Le transport aérien facilite les échanges, l’arrivée des visiteurs, l’acheminement de certains biens et le fonctionnement de nombreuses activités. Sa fermeture prolongée représente donc aussi un manque à gagner pour une économie déjà fragile.

Il ne s’agit évidemment pas de minimiser les risques liés à Ebola. La protection de la population doit rester une priorité. Mais les mesures sanitaires doivent être proportionnées à la situation et régulièrement réévaluées. Plutôt qu’une fermeture prolongée, pourquoi ne pas renforcer le contrôle sanitaire à l’aéroport, le dépistage, le suivi des voyageurs et les autres mesures de prévention ?

L’enjeu est donc de trouver un équilibre entre la nécessité de protéger la population et celle de permettre aux habitants de continuer à vivre et à travailler normalement. Si l’aéroport peut fonctionner avec des dispositifs sanitaires rigoureux, sa réouverture devrait être sérieusement envisagée.

Car, au fond, une mesure sanitaire n’est réellement efficace que si elle répond au problème qu’elle entend résoudre. Fermer l’aéroport de Bunia tout en laissant les déplacements terrestres se poursuivre mérite, à tout le moins, d’être réévalué.

David Mugisa