Ituri : le retour des déplacés contesté sur fond d’insécurité persistante

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Le gouvernement provincial de l’Ituri, en collaboration avec ses partenaires humanitaires, a lancé une opération d’identification des personnes déplacées désireuses de regagner leurs villages dans la plaine de Savo, en territoire de Djugu. Cette zone accueille environ 70 000 déplacés, alors que la situation sécuritaire et les conditions de réinstallation continuent de susciter des inquiétudes.

Des réactions préoccupées

La société civile Force vive de l’Ituri appelle le gouvernement à rétablir la sécurité avant d’envisager le retour des personnes déplacées dans leurs milieux d’origine. Cette structure insiste sur la nécessité de garantir la protection des populations face à la persistance des violences dans plusieurs localités.

De son côté, Jacob Asimwe Matalí, acteur politique de l’opposition républicaine, juge cette démarche prématurée. Il évoque notamment les attaques attribuées aux éléments de la CODECO, une milice locale, ainsi que l’insuffisance des infrastructures et des services sociaux de base, dont les écoles, les centres de santé et les routes praticables.

Pour ces acteurs, le retour des déplacés doit être libre, volontaire, digne et sécurisé. Ils appellent les autorités à renforcer la sécurité, à rétablir les services essentiels et à accompagner la reconstruction des villages avant d’encourager la réinstallation des familles. L’objectif, soulignent-ils, est d’éviter que les populations ne retournent dans des conditions qui les exposeraient à de nouveaux risques.

David Mugisa