RDC : réunie à Rome, la C64 veut rencontrer Félix Tshisekedi et Joseph Kabila pour relancer le dialogue national

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Réunie depuis lundi à Rome, en Italie, la Coalition article 64 (C64), qui regroupe cinq figures de l’opposition congolaise, a annoncé mardi son intention de rencontrer séparément le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila. Martin Fayulu, Delly Sesanga, Matata Ponyo Mapon, Moïse Katumbi et Jean-Marc Kabund entendent contribuer à la relance d’un dialogue national inclusif pour trouver une issue politique à la crise en République démocratique du Congo (RDC). Aucun calendrier n’a toutefois été communiqué et rien n’indique, à ce stade, que les deux personnalités ont accepté ces rencontres.

Dans sa déclaration finale, la coalition plaide pour une solution négociée, fondée sur le strict respect de la Constitution. Elle rejette aussi bien le maintien au pouvoir au-delà des limites constitutionnelles que la conquête du pouvoir par les armes.

La C64 réaffirme notamment son opposition à toute révision constitutionnelle susceptible d’ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel ou de repousser les élections prévues en 2028. Réagissant à l’adoption, le 23 octobre, par l’Assemblée nationale, du texte fixant les conditions d’organisation du référendum, elle rappelle que l’article 220 de la Constitution protège notamment les dispositions relatives au nombre et à la durée des mandats présidentiels.

Pour la coalition, la réussite du dialogue passe par un consensus préalable sur son objet, sa composition, sa facilitation, ses modalités de fonctionnement et le mécanisme de suivi de ses conclusions.

La C64 appelle également à relancer la facilitation africaine menée par l’Angola et le Togo, en coordination avec la médiation des Églises catholique et protestante. Elle souhaite intégrer au dialogue les questions de gouvernance prévues dans les six protocoles additionnels du processus de Doha. Elle exige, en parallèle, des avancées vérifiables concernant le cessez-le-feu, la protection des civils et l’accès à l’aide humanitaire.

Sur le plan politique et judiciaire, la coalition réclame des mesures de décrispation, le retour des exilés et la libération des personnes qu’elle estime détenues arbitrairement, dont Prince Epenge. Elle demande aussi une enquête indépendante sur les violations présumées commises lors des manifestations des 12 juin et 15 septembre, ainsi que sur la mort de Manassé Lomboto, qu’elle qualifie d’assassinat.

Créée le 19 mai 2026, la C64 entend enfin mobiliser les partenaires internationaux de la RDC en faveur d’un règlement négocié de la crise politique, sécuritaire et humanitaire. Elle affirme soumettre les autorités congolaises comme les groupes armés à la même exigence de respect de l’ordre constitutionnel.

Mpolo Okito