RDC : « La prison de Makala est l’enfer sur terre, la nourriture est rare et infectée» (Jean-Marc Kabund)
Après sa libération à la prison centrale de makala où il est resté pendant 2 ans et 6 mois ,l’opposant Jean-Marc kabund a accordé une interview à Jeune Afrique. C’était egalement l’occasion pour lui d’expliquer les conditions carcérales dans cette maison pénitentiaire.
«Makala incarne l’enfer sur terre. Dans les pavillons ordinaires, d’une superficie
similaire au nôtre, s’entassent jusqu’à 1 000 détenus dormant à même le sol sous une chaleur étouffante. La nourriture est rare et infectée. Une mafia
institutionnalisée impose aux nouveaux arrivants des « frais » exorbitants (1000 à 2 500 dollars pour le pavillon 8, 100 à 250 dollars ailleurs), sous peine de torture.» a-t-il expliqué.
Et d’ajouter :« Pire encore, des milliers de condamnés, souvent pour des délits mineurs, croupissent indéfiniment faute de payer 30 dollars pour acheminer leurs réquisitions. La mortalité y est effroyable, dix à trente décès quotidiens
entre 2023 et 2024.».
Au sujet de la tentative de l’évasion en septembre, l’ancien président de l’UDPS, a révélé qu’il y avait 2000 victimes, dont 400 femmes violées dans la pavillon 9.
«Cette nuit du 1ᵉʳ septembre reste gravée dans ma mémoire. La surpopulation (22 000 détenus pour 1 500 places) et les promesses de libération conditionnelle non tenues ont provoqué une révolte sanglante. Les pavillons ont été pris d’assaut et les forces de sécurité, inertes pendant des heures, ont finalement tiré à bout portant sur la foule depuis les miradors. Bilan officiel : 129 morts. Réalité : près de 2 000 victimes, dont 400 femmes violées dans le pavillon 9. J’ai survécu grâce à la solidarité des codétenus qui m’ont caché dans une pièce blindée.», a dit Ww JM Kabund
Pour lui, Makala est retombé dans l’oubli. Les promesses de réforme sont lettre morte et les pratiques mafieuses perdurent.
Sarah Ngeleza
