Processus de paix de Doha : un dialogue mort-né ?

img_4003.jpg

Le dialogue de paix entamé à Doha entre le gouvernement congolais et les rebelles de l’AFC/M23 semble déjà dans l’impasse. Malgré la signature d’une déclaration de principes le 19 juillet dernier, les engagements pris paraissent aujourd’hui sans effet, tandis que les hostilités se poursuivent sur le terrain.

Les discussions, qui devaient reprendre ce mois d’août pour poser les bases d’un accord de paix global, semblent compromises. La trêve convenue, de même que le rétablissement de l’autorité de l’État dans les zones occupées, restent lettre morte. À l’Est de la RDC, les combats continuent entre l’armée congolaise et les rebelles, soutenus selon plusieurs rapports d’experts par le Rwanda.

Un climat de méfiance persistant

À Goma, toujours sous contrôle des forces du M23, Benjamin Mbonipa, chef de la délégation rebelle aux négociations de Doha, a jeté un pavé dans la mare. Lors d’un point de presse, il a déclaré que son mouvement ne retournerait pas à la table des négociations tant que certaines conditions ne seront pas remplies notamment, la libération des prisonniers du M23 détenus à Kinshasa.

Il a affirmé que son mouvement est prêt pour un cessez-le-feu, tout en accusant le gouvernement congolais de vouloir « une chose et son contraire ». Ces propos renforcent le sentiment que le processus de paix est au point mort.

Un accord au point mort, une région toujours en guerre

Ce dialogue, facilité par le Qatar, avait pourtant suscité un espoir de stabilité pour une région ravagée depuis des années par des conflits armés. Lors de la signature de la déclaration des principes, les deux parties s’étaient engagées à instaurer un cessez-le-feu permanent, à protéger les civils, à restaurer l’autorité de l’État et à conclure un accord de paix d’ici le 17 août 2025.

Mais sur le terrain, la réalité est toute autre : la violence persiste, et les populations civiles continuent de payer de leurs vies.

David Mugisa