RDC : le dollar baisse, le gouvernement jubile, les prix restent hauts, la population gronde

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Depuis plusieurs jours, le franc congolais s’est fortement apprécié face au dollar américain. Un billet vert qui se négociait encore récemment entre 2 800 et 2 900 FC s’échange aujourd’hui autour de 2 600 FC. Le gouvernement congolais, par la voix notamment du Vice-Premier ministre en charge de l’Économie, a salué cette évolution, y voyant le fruit de ses politiques économiques et monétaires.

Mais pour de nombreux observateurs et acteurs de la société civile, cette baisse du taux de change reste largement théorique. Les prix des biens de première nécessité n’ont pratiquement pas bougé, nourrissant la colère.

« Le taux actuel du dollar est artificiel ! Le gouvernement s’en réjouit mais c’est le pauvre peuple qui en souffre. Les prix des biens et services n’ont pas baissé. Alors la joie du gouvernement vient d’où ? », s’interroge Jean-Claude Katende, président de l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO).

D’après de nombreuses sources, dans les marchés, les commerçants continuent d’afficher les mêmes tarifs qu’avant l’appréciation du franc congolais. Riz, farine, huile et autres produits de base restent aux prix de la semaine dernière, ou n’ont que très légèrement diminué. Cette situation entretient l’impression d’un « taux officiel » déconnecté des réalités quotidiennes.

Cependant, des économistes rappellent que l’effet d’une variation du taux de change sur les prix intérieurs ne se produit pas instantanément : il faut un délai pour que les stocks importés au taux précédent soient écoulés et que les nouveaux prix s’imposent. Mais d’autres soulignent aussi le rôle des spéculateurs et la faiblesse des mécanismes de régulation des prix en RDC.

Pour le gouvernement, réussir à stabiliser durablement le franc congolais est un enjeu majeur de crédibilité. Mais pour l’instant, la population attend des mesures concrètes pour que le pouvoir d’achat suive la baisse du dollar. Sans cela, la perception d’un « taux artificiel » risque de relancer les tensions sociales.

David Mugisa