Kasaï : les femmes rurales plaident pour un appui technique et matériel du gouvernement
À l’occasion de la quinzaine dédiée à la Journée internationale de la femme rurale, les actrices du monde agricole du Kasaï lancent un vibrant plaidoyer pour un appui concret du gouvernement congolais. Elles réclament notamment des tracteurs, des engrais et un accompagnement technique afin d’accroître leur production et de renforcer la sécurité alimentaire dans la province.
« L’humanité a été juste de reconnaître la femme rurale, celle qui nourrit sa famille et travaille sans relâche », a déclaré Nanouche Ngalula, coordinatrice provinciale de la plateforme Appui aux projets des actions sociales (APAS) et directrice provinciale de l’Agence congolaise de presse (ACP) au Kasaï. Experte agricole, elle déplore les conditions précaires dans lesquelles évoluent les agricultrices de la région.
Selon elle, malgré les efforts ponctuels de l’État congolais, notamment dans la distribution des semences et des intrants agricoles, « les femmes rurales continuent de travailler de manière artisanale, avec des outils rudimentaires, ce qui limite leur rendement ».
Mme Ngalula plaide pour un changement structurel dans le secteur :
« Nous avons des espaces agricoles, mais nous manquons de moyens techniques et financiers. Nous avons besoin de tracteurs, d’outils modernes et d’un encadrement technique. »
Elle estime qu’un appui logistique conséquent permettrait aux productrices de contribuer davantage à la sécurité alimentaire du pays.
« Nous demandons que l’État envoie au moins 100 tracteurs pour les 100 structures féminines agricoles du Kasaï. Ce serait une réponse concrète à nos besoins », a-t-elle ajouté.
Les coûts élevés de location des machines agricoles parfois estimés à 80 dollars par jour, constituent un obstacle majeur pour ces femmes, déjà confrontées à un manque de financement et d’accès au crédit.
Tout en saluant le courage et la détermination des agricultrices du Kasaï, Nanouche Ngalula les exhorte à persévérer malgré les difficultés :
« Nous devons continuer à travailler et à nous faire entendre. Notre plaidoyer finira par porter des fruits. »
Cette prise de parole s’inscrit dans le cadre de la quinzaine de la femme rurale, célébrée chaque année en République démocratique du Congo autour du 15 octobre, date consacrée à la reconnaissance du rôle essentiel des femmes rurales dans le développement durable et la lutte contre l’insécurité alimentaire.
Moïse Adonis Mbuyi, Tshikapa
