Kasaï : La Voix des Sans-Voix appelle au calme après trois morts dans un conflit foncier à Kalunga

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Un différend foncier lié à l’exploitation artisanale du diamant a tourné au drame dans le secteur de Sud Banga, territoire d’Ilebo, province du Kasaï. Des affrontements entre les communautés Wongo et Pende, dans la localité de Kalunga-Port, ont fait trois morts, dont deux chefs de village et un commandant de la police chargé de la sécurisation du site.

Selon des témoins, le conflit trouve son origine dans une querelle de limites de terres autour d’un chantier d’exploitation de diamant situé au pont Kalunga, dans le groupement Bahongo Bashi Kuasongo. Le différend, latent depuis plusieurs semaines, aurait éclaté après plusieurs tentatives infructueuses de conciliation entre les parties.

« Ce qui n’était au départ qu’un simple malentendu entre deux villages voisins s’est transformé en tragédie à cause de la tension et de la méfiance accumulées », explique un notable local.

Les affrontements ont provoqué non seulement des pertes en vies humaines, mais aussi d’importants dégâts matériels. Plusieurs familles ont fui la zone par crainte de nouvelles violences.

Face à cette situation, la société civile tire la sonnette d’alarme.
Le comité technique provincial de l’ONG Voix des Sans-Voix plaide pour une médiation urgente impliquant les autorités coutumières, administratives et sécuritaires, afin d’éviter une nouvelle escalade.

« Nous exhortons les communautés à privilégier la voie du dialogue et de la coexistence pacifique. La terre est une ressource commune, elle ne doit pas devenir une source de mort », a déclaré Hubert Kadima, secrétaire du comité provincial de l’ONG.

La situation reste tendue dans la zone de Kalunga. Des renforts policiers ont été dépêchés pour rétablir l’ordre et sécuriser les populations. Une enquête a été ouverte afin d’identifier les instigateurs des violences, a-t-il précisé.

Selon La Voix des Sans-Voix, ce drame met une fois de plus en lumière la fragilité des relations intercommunautaires dans certaines zones minières du Kasaï, où la convoitise des ressources naturelles se mêle aux litiges fonciers non résolus.

« Nous appelons à une cartographie claire des terres coutumières et à l’implication accrue des chefs traditionnels dans la prévention des conflits », a ajouté le responsable de l’ONG.

Pendant ce temps, le gouvernement provincial affirme suivre de près la situation. Une mission d’enquête a été dépêchée sur place pour rétablir le calme et favoriser un dialogue pacifique entre les parties.

Moïse Adonis Mbuyi, Tshikapa