Kasaï : vers une solution à la crise salariale des agents de santé après des démarches au sommet de l’État

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Des avancées significatives sont enregistrées dans le dossier du paiement des agents et cadres de la santé au Kasaï, à la suite de plusieurs démarches menées auprès des institutions impliquées dans la chaîne de la dépense publique.

Le député national Guy Mafuta Kabongo, président de la commission Économique et financière (ECOFIN) de l’Assemblée nationale, a multiplié les séances de travail avec la Direction de la paie, l’ordonnateur délégué du gouvernement (OD) ainsi que la Banque centrale du Congo.
Objectif : identifier l’origine du blocage à l’origine de plusieurs mois d’arriérés de salaires.

Selon l’élu, ces échanges ont permis de retracer l’ensemble du circuit de paiement et de localiser précisément le problème. Les vérifications effectuées dans les listings de la paie, suivies de consultations au niveau de l’OD et de la direction de trésorerie de la Banque centrale, ont révélé qu’une partie des fonds avait déjà été décaissée. Environ 49 millions de francs congolais auraient notamment été affectés à deux territoires.

Autre avancée : la Banque centrale a déjà transféré les fonds relatifs au salaire du mois de janvier au niveau de l’OD provincial. Ceux-ci devraient être disponibles dès le lundi suivant, a assuré Guy Mafuta.

En ce qui concerne les arriérés du quatrième trimestre 2025, estimés à plus d’un milliard de francs congolais, les fonds demeurent encore logés à la Banque centrale. Des démarches sont en cours pour obtenir leur transfert rapide vers l’OD provincial afin de permettre le paiement effectif des agents.

D’après le président de la commission ECOFIN, le principal blocage réside désormais dans l’insertion de la paie complémentaire dans les états liquidatifs, une étape technique actuellement en cours de traitement. Il se veut toutefois rassurant, estimant que la situation est en voie de résolution.

Dans ce contexte, il appelle les professionnels de santé à suspendre leur mouvement de grève et à reprendre leurs activités afin d’assurer la prise en charge des patients.

Les agents et cadres de la santé du Kasaï observent une grève sèche depuis le 19 mars, réclamant le paiement de sept mois d’arriérés de salaires. Ce mouvement a eu des conséquences préoccupantes sur le système sanitaire local : plus de 30 décès enregistrés, des campagnes de vaccination interrompues, une recrudescence des accouchements à domicile et des perturbations dans la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/Sida, privées de traitements antirétroviraux.

Moïse Mbuyi/Tshikapa