Kasaï : la société civile dénonce la dérive de TOHA et JMC et appelle à une action urgente des autorités

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Joël Minga, cadre de la société civile du Kasaï et militant du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA/Tshikapa), a dénoncé ce week-end ce qu’il qualifie de « dérive inquiétante » dans la gestion des travaux publics confiés aux entreprises TOHA et JMC dans la province du Kasaï. Dans une déclaration publique, il s’interroge sur le retard considérable des chantiers annoncés et sur des pratiques qu’il juge abusives.

Selon lui, le projet de construction de la route Tshikapa–Kamako, officiellement lancé le 13 février 2024 par l’ancien ministre des Infrastructures, Alexis Gisaro, et attribué à l’entreprise TOHA pour un délai prévisionnel de 30 mois, n’a enregistré aucune avancée notable. Malgré un budget global estimé à plus de 208 millions USD, les travaux seraient quasiment à l’arrêt : aucune machine de l’entreprise ne serait visible sur le terrain, et plusieurs prestataires affirment ne plus avoir été payés depuis des mois.

Joël Minga accuse également l’entreprise TOHA d’avoir installé deux postes de péage à Kandjanji et à Shamusanda, où des frais seraient perçus auprès des camions, des véhicules particuliers et des motos. Il dénonce en outre l’obligation faite aux opérateurs économiques de déclarer tous les produits importés de l’Angola auprès de la société, une démarche qu’il estime contraire aux procédures légales.

Concernant les travaux urbains confiés à JMC à Tshikapa, le militant relève que, malgré une phase initiale marquée par la démolition des constructions anarchiques, les avenues Filaire, Likasi, de la Carrière et Kabangu se trouvent aujourd’hui dans un état de dégradation avancée, les chantiers étant à l’arrêt depuis plusieurs mois.

Joël Minga appelle les élus provinciaux et nationaux, les forces vives et le gouvernement à se saisir de toute urgence de ce dossier. Il estime que la population du Kasaï ne peut plus supporter les conséquences de ce qu’il considère comme une mauvaise gestion des projets d’infrastructures. Il demande des mesures fermes pour clarifier la situation et relancer les travaux.

Selon lui, la dignité et l’avenir de la province ne doivent plus être compromis par les irrégularités constatées dans l’exécution des chantiers. Il plaide pour une réaction immédiate afin de restaurer la confiance de la population dans la gestion des projets publics.

Moïse Adonis Mbuyi, Tshikapa